61QJ4Aq7uKL

Commencé hier après-midi, lu jusque tard dans la nuit ou plutôt jusqu’au petit matin, repris ce matin et terminé en ce début d’après-midi....
Impossible de quitter ce livre une fois commencé....
L’auteur touche juste, emploie les bons mots, on est en plein dedans. On sait qui est l’Ombre, c’est évident, mais non, nos assurances vacillent, ce n’est pas lui... Bref ! Nos certitudes s’effacent une à une....

C’est terrifiant mais je crois que le plus terrible dans ce thriller est de ne pas être crue... Cloé est seule.... Ceux qui la côtoient que ce soit ses collègues de bureaux, ses amis, personne ne la croit.

Par-dessus se greffe une très belle histoire d’amour... Chaque femme voudrait être aimée par Alexandre comme sa femme est aimée...

Ne vous attendez pas à une «happy end» , celle que vous avez tant espérée...

Nous sommes manipulés nous aussi... Mais nous, nous nous en sortons en reprenant nos vies là où elles en étaient avant la lecture de ce livre.

Comme dans les deux autres livres que j’avais lus de cet auteur, j’apprécie beaucoup l’humour qui y est parsemé...

Voici donc quelques phrases que j’ai relevées (pas toutes pour ne pas vous dévoiler le cheminement)

p.9 : «Peur de quoi, au fait ? L’avenue est déserte, je ne vais pas me faire attaquer par une poubelle !»

p.10 : «Curieux comme on peut sentir son coeur, parfois. Alors que la plupart du temps on ne fait pas attention à lui.»

p.63 : «J’ai envie de mort, pas d’agonie. La vie, c’est déjà une lente agonie et rien d’ autre. Une marche forcée vers l’issue fatale.
On vient au monde sans l’avoir demandé, on va à la mort sans l’avoir choisi. Pas la peine d’en rajouter.»

p.72 : «Contrôler Gomez relève de l’utopie. Autant essayer de maîtriser un troupeau de buffles poursuivis par une meute de hyènes.»

p.73 : «- Et après ? J’ai même pas réussi à écraser un petit vieux. A cette heure-là, ils sont tous au pieu depuis longtemps. Je voudrais bien contribuer à sauver notre système de retraite, mais faudrait que les papys soient moins casaniers.»

p.74 : « Un homme qui cache son désespoir chronique sous un masque de carnaval. Tantôt outrancier et grotesque. Tantôt effrayant.»

p.78 : «- En tous cas, on ne parle que de ça dans les couloirs ce matin ! (...)
- Vraiment ? Je comprends enfin pourquoi il n’y a plus de concierges dans les immeubles ; ils ont tous été mutés ici...»

p.83 : «Cloé regarde couler la Seine qui joue au caméléon avec le ciel grisâtre.»

p.107 : «Une simple habitude. Une devise, même. Ne jamais tendre la main, au risque de se la faire broyer. Ne jamais accepter celles qui se tendent de peur d’être redevable.»

p.190 : «Elle la trouve fatiguée, vieillie, mais toujours aussi élégante. Ellest habillée simplement mais l’élégance n’a pas grand-chose à voir avec les vêtements. C’est une façon d’être.»

p.320 : «Une vieille dame apparaît sur le seuil, en robe de chambre bariolée. Un marché aux fleurs à elle toute seule.»

p.325 : «Une poigne molle comme une figue trop mûre.»

p.370 : «Un bonn flic, c’est un flic qui a de l’instinct.»

p.410 : «Dans la vie, il y a des besoins vitaux. Essentiels, primaires. Qui nous rappellent que nous ne sommes rien d’autre que des animaux.
Parmi eux, une endroit où se sentir en sécurité. Un abri, un refuge. Un terrier, un gîte.
Quand cet endroit n’existe plus, on devient un animal traqué, la peur chevillée au corps.
Quand on ne se sent plus en sécurité nulle part, on devient un simple gibier. Une proie, qui fuit et se retourne sans cesse, ne trouvant plus le repos.»

p.436 : «Il va sagement s’asseoir dans la pièce où attend déjà un homme d’une cinquantaine d’années qui n’a pas l’air dans son assiette. La plante verte semble plus en forme que lui.»

p.485 : «Quand on est perdu en pleine forêt, chaque début de chemin est un espoir.»

p.510 : «L’eau a toujours la couleur du ciel.
Parce que l’eau n’a aucune couleur. Sauf celle qu’on lui donne.»

p.530 : «La folie, c’est la porte ouverte sur de nouveaux mondes. Des univers si riches que notre imagination n’est pas assez fertile pour les concevoir. Sauf si on est fou !»

 

C'est dur de ne rien raconter quand il y a tant à dire....